Lundi 7 avril 1 07 /04 /Avr 18:05

Les phrases les plus simples sont les plus assassines. Elles sont d'autant plus choquantes quand elles révèlent une idiotie crasse. C'est ainsi que sur le tapis, une femme d'une quarantaine d'années a prononcé cette phrase devant moi et notre professeur, comme si c'était un constat évident qui déterminerait l'issue de l'humanité.

 

Contexte: exercices d'initiatives, le but est de réagir par la même attaque qui nous est portée, mais plus rapidement. Dès qu'on voit le moindre mouvement annonçant la suite, on réplique. Cette rapidité n'a rien à voir avec brutalité évidemment, puisqu'il suffit de contrôler sa distance. Dans le pire des cas, on rectifie au dernier moment, en ralentissant, en limitant le mouvement, ou tout simplement en s'arrêtant. Après tout pourquoi se faire mal pendant un exercice?

 

Je pars donc saluer cette dame, plutôt souriante, pour travailler avec elle. Elle répond par une expression de souffrance accompagnée d'un "oh non!". Ok, merci. Après tout on est pas tous obligés de respecter l'étiquette à la lettre. Après quelques échanges parfois fructueux, on se frappe chacun sur le poing. Ca arrive, mais ce n'était pas très violent (heureusement!). Petite douleur sur les phalanges pour ma part, elle aussi, mais elle montre une expression de douleur bien persistante. Le prof passe et elle lâche alors cette magnifique petite phrase "Le karate, c'est pas un sport de filles".

 

 

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olol des vagins qui font du karate, arnaque!

 

 

Tellement beau, tellement dense...

 

Ce qui est très étonnant, c'est qu'elle a une fille, a priori entre 16 et 18 ans, très propre dans ses mouvements. Belles positions, dos droit, souplesse et rapidité. Travailler avec elle est un plaisir car elle n'a pas peur du contact, et malgré les petits accrochages inévitables, elle ne passe pas 10 ans à se lamenter sur une petite douleur, elle revient tout de suite dans l'exercice et met encore plus d'énergie dedans.

 

Est-ce que c'est ce qu'on appelle "l'esprit martial" ? J'en sais foutre rien. Est-ce que c'est réservé aux garçons? Aux dires de sa mère il semblerait. Ca peut se comprendre, et je ne voudrais pas juger la manière dont elle pratique. Après tout elle a peut être un métier prenant, ou des situations pénibles, ou peu importe, et elle veut aborder le karate comme une détente. C'est son droit, et grand bien lui fasse si elle s'épanouit de cette manière. Mais sortir un commentaire aussi sexiste que "c'est pas un sport de filles", alors que sa propre fille est un exemple vivant d'esprit guerrier à moins de 10m d'elle, ça me dépasse.

 

Oui, le sexe détermine indirectement la masse musculaire, donc les performances brutes. D'accord. Mais on est pas sur du saut en hauteur ou des haltérophiles. On parle d'art martial ici, ou du moins de sport de combat (est-ce que ça change quelque chose dans cet exemple?). Dans la pure théorie, il s'agit de mettre son adversaire "à terre" le plus efficacement possible. Il s'agit de vitesse, de prise d'initiative, de réflexes. En tout cas, à mon petit niveau, c'est ce que je ressens. Bien sûr, un judoka de 2m 100kg posera de grands problèmes à des filles, mais à des garçons aussi après tout. Je comprends qu'il puisse exister une limite physique, mais le but étant de "survivre au combat", le sexe ne devrait pas entrer en considération (ni la taille, ni le poids, ni la météo, ni la fatigue, etc...)

 

 

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"S'assassiner après une bonne séance de shopping, l'après midi idéal avec mes copines!"

 

 

Et surtout, SURTOUT, la phrase que cette dame a prononcée est bien plus perverse que ça. Il ne s'agit pas vraiment de capacités physiques. Elle sous entend que subir une douleur physique n'appartient pas au domaine des femmes, et que se faire mal physiquement correspond à celui des hommes. 2 questions:

  • Pourquoi fait elle du karate? Le contact est inévitable à un moment donné. On a tous pris des poings dans le nez, les yeux, des pieds dans les côtes, etc... C'est logique dans un sport de combat.
  • Est-ce qu'elle ferme sa gueule et prépare des sandwichs quand son mari répond: "la cuisine, c'est pas un truc d'hommes?"

 

Malgré la lecture de quelques études sociologiques sur le sexisme, notamment à l'école, je ne maîtrise pas le sujet. J'ai beaucoup à en dire par les expériences personnelles, mais on tombe vite dans les clichés, les "on dit", et le manque flagrant de sources pertinentes. Seulement aujourd'hui, sortir ce genre de phrase est juste... choquant... Cette femme semble avoir ingéré que les sports de combat sont uniquement pour hommes, comme si c'était normal, acquis, évident. En lisant ça, vous pourriez vous dire que j'extrapole, que j'interprète une unique phrase prononcée à un moment de douleur, de fatigue aussi. Mais les discussions qui ont suivi à la pause étaient encore plus effrayantes: elle estimait que les hommes devaient faire attention en combat pour ne pas blesser les femmes. Et, totalement incohérent, elle donne comme exemple une guerrière folle furieuse avec qui elle a été obligé de travailler, et qui lui a causé de grandes douleurs physiques. Le tout sans jamais entrevoir le paradoxe de ses commentaires.

 

 

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"Oh non! Elle va me faire mal comme un garçon!"

 

 

Est-ce que c'est du sexisme ou une incompréhension des sports de combats? Peut être que je rate des élements importants, mais cette phrase... cette phrase... si courte et si puissante (un peu comme ma bite). Qu'elle reste dans son blocage psychologique / sociologique, la prochaine fois j'irais bosser avec sa fille qui n'a pas peur du contact et avec qui j'ai l'impression de travailler, de progresser. En espérant qu'elle gardera cet esprit d'initiative et qu'elle n'écoutera pas trop le discours de sa mère: si le karate est un sport d'hommes, sa fille a une sacrée paire de couilles.

Par ta soeur
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Lundi 4 novembre 1 04 /11 /Nov 22:11

Beaucoup de temps sans écrire. Ca devient une habitude, une mauvaise habitude. La faute à un volume écrasant de travail (théorique) et une procrastination experte (pratique). Remedions à cela, et repartons sur des bases saines.

 

 

Children of Bodom, mercredi 23/11/2013, Zenith de Paris

 

 

Ca fait longtemps qu'on attendait les finlandais dans notre contrée. 2 ans et demi même! Trop longtemps à mon goût. Suite à la sortie de leur dernier album Halo of Blood ils sont partis en tournée promouvoir leur savoir faire ancestral dans le découpage de chair en doubles croches à 220 bpm.

 

 

 

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Tout d'abord, une chronique rapide de ce dernier méfait: pour moi il est dans la veine de Relentless Reckless Forever, à savoir technique, beaucoup de mélodies mid tempo et une ambiance un peu "cool" ou "pépère". Encore une fois rien à reprocher sur l'exécution ou la construction des chansons, c'est solide, rapide, et d'une grande technicité. Mais, car il y a un mais, il souffre du même défaut que Relentless: il n'est pas jouissif. C'est vraiment dommage car c'est tout ce qui manque à cet album pour être un chef d'oeuvre: un peu de folie, de plans qui vont à fond la caisse, de hurlements monstrueux que l'on peut reproduire comme les veaux lobotimisés que nous sommes. Un truc qui tâche quoi.

 

 

Halo of Blood comporte des chansons qui restent dans la tête, pour sûr, mais seulement deux m'ont vraiment marqués: Transference avec son intro digne d'une exécution publique, et Dead Man's Hand on You, l'unique vraie ballade de leur discographie! Cette dernière est d'ailleurs un pari burné pour un groupe qui joue du speed/death/whatever, on entend pour la première fois la voix caverneuse (hmm yeah) d'Alexi Laiho.

 

 

Les autres chansons sont sympas, on bouge la tête, on fredonne les mélodies, on tapotte du pied en faisant chier nos voisins dans le métro... mais ça ne donne pas envie d'arracher la tête des gens comme You're Better Off Dead, ou de sauter comme un raver sous excta comme Silent Night, Bodom Night.

 

 

 

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     Halo of Blood: cadeau d'anniversaire                                   Halo of Blood: première écoute

 

 

 

Certes, Halo of Blood, Your Days are Numbered ou All Twisted sont taillées pour la scène, mais depuis Relentless il arrive qu'en plein milieu des chansons j'ai cette subite impression de me faire chier... Je pense à Scream for Silence, Bodom Blue Moon ou One Bottle and a Knee Deep qui manquent cruellement d'énergie, malgré la qualité indéniable des enchaînements technique, une fois la chanson finie on l'oublie vite... ce qui est grave pour un groupe qui a bati sa réputation sur des chansons rapides et efficaces.

 

 

Pour terminer cette album en demi teinte, on a le droit à Sleeping in my Car, mauvaise habitude prise par le groupe de terminer leurs galettes par des reprises rock. Ca fait retomber le soufflé qui peinait déjà à tenir l'auditeur en haleine. Comment dire, ça ressemble un peu au syndrôme Arch Enemy, ils ont trouvé une formule et ils l'appliquent, mais ça manque de folie, de couilles, de peps! C'est simple, la chanson qui marque le plus est celle qui ressemble le moins à leur style de base: Dead Man's Hand on You est pourtant une superbe chanson qui, chose rare pour Children, fait naitre des émotions avec un minimum de notes.

 

 

Halo of Blood est donc un album sympathique mais loin d'être transcendant. C'est pas faute de l'avoir écouté maintes et maintes fois pour éviter l'effet persistant de la première écoute chaotique. Depuis que je l'ai assez exploré, je me suis rendu compte que Blooddrunk est un super album, rapide, puissant, rentre dedans avec des pures chansons qui déchirent, tout ce qu'on aime d'eux en fait. Ce côté spontanné est, je trouve, perdu depuis Relentless, ils cherchent trop compliqué ou trop technique et on perd l'efficacité qui fait l'essence de leur carrière.

 

 

 

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Everytime I Die a été écrite en hommage à chaque do grave joué par Henkka

 

 

 

Voila pour l'album, ce qui m'amène au concert: à quoi s'attendre quand l'album représenté risque d'être un niveau en dessous du reste? Difficile à dire... J'étais seul, contrairement aux autres fois, et un peu sur la défensive, curieux de voir. Et voici ce qui arriva:

 

 

 

Vous avez joui? Moi oui. Transference lance le concert avec sa superbe intro, et tous les petits jeunes (en suis-je encore un?) sautent dans tous les sens. Ca part vite et fort, et c'est bon. Et l'enchaînement est parfait, nom de dieu! Autant j'étais pas mégafan de Halo of Blood, autant la setlist a envoyé du MEGA LOURD. Même seul j'ai pris un pied monstrueux à admirer ce gros connard de Laiho à moitié bourré qui réussi les soli de Kissing the Shadows! Ah l'enculé! Mon rêve depuis des années, ce gros bâtard l'a joué en live c'était superbe!

 

 

Silent Night, Bodom Night fait envoler le public, Six Pounder transforme la fosse en arène et c'est assez marrant de voir des gosses de 15 ans en sac à dos défoncés de partout, comme on l'a fait avant eux. Il semble que la relève est assurée. Les nouvelles chansons sont pas mal en live mais il faut bien l'avouer, un cran en dessous de leur anciens hit. Ils leur manque quelque chose, d'autant plus que le groupe a l'air fatigué de sa tournée et Alexi raconte des véritables inepties au public ("you're so awesome motherfuckers, i don't know what to say").

 

 

 

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"Je remercie mon alcoolisme pour m'avoir permis d'écrire toutes ces belles chansons"

 

 

 

Malgré tout, ces doutes sont balayés dès que leurs pilliers sortent des amplis: il suffit des premières notes de Are you Dead Yet? pour que tout bascule et l'attente se transforme en pure bataille dans la fosse! Lake Bodom nous rend tous hystériques, Hate Crew Deathroll achève la métamorphose de la fosse en enfer de haine et de violence, Blooddrunk et sa mélodie imparable nous entraînent dans une débauche de sauts débiles et de hurlements bestiaux (BLOODDRUNK, LALALALA, PERSONNE CONNAIT LES PAROLES MAIS BLOODDRUNK, TRALALALA). Et le pire, c'est qu'ils ne vont pas s'arrêter là: Evertytime I Die, Towards Dead End, Hate Me, Downfall... "Excusez moi, vous souhaitez jouez vos meilleurs chansons pendant le même concert? OUI S'IL VOUS PLAIT"

 

 

Notons la démarche très couillue et cohérente de jouer Dead Man's Hand on You live... et bien figurez vous qu'elle a super bien donné! Etrange, mais l'ambiance était sombre, ça a suffit à faire monter la sauce. J'espère que cette agréable surprise sera suivie comme piste par le groupe car elle continue le chemin commencé par Angels Don't Kill et Banned From Heaven, et va même plus loin dans sa démarche "contradictoire".

 

 

Après une fausse dernière chanson dont tout le monde se doutait, le groupe termine par une petite chanson toute mignonne: In Your Face. Voila, histoire de dire de toute façon on est un groupe de porc, si vous aimez pas la double pédale, la basse saturée qui nique les boyaux et les guitares ultra acérées qui défoncent tout, bah allez vous faire foutre!

 

 

 

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I DON'T GIVE A FLYING FUCK MOTHERFUCKER, I DON'T FIVE A FLYING FUUUUUUUUUCK

 

 

 

Un putain de concert en fait. Les 5 sens en éveil pour profiter d'un sacré groupe qui a joué ses meilleures chansons, et nous a épargné le catalogue de leur nouvel album moins bon. Malgré les années Children reste un poids lourd scénique et ce genre d'ambiance survoltée a un goût si savoureux pour moi... J'ai kiffé ma race mais genre over 9000, c'était comme avoir des orgasmes à répétitions.

 

 

Seul point noir: le son était absolument A CHIER! Pour avoir vu Machine Head 2 ans auparavant dans cette salle, le Zenith peut délivrer un son très fidèle sur du metal, là c'était du caca boudin. Dire que des ingés son sont payés pour foutre la basse saturée à 500 Hz sur des volumes supérieurs aux toms de batterie, c'était une vraie bouillie de fréquences pendant les rythmiques car les guitares chevauchaient la basse qui chevauchait la grosse caisse... Pouah, même avec des boules quiès c'était de la merde. Heureusement les mediums haut / aigus étaient épargnés, le synthé et les mélodies / solis étaient audibles. De toute manière, on les encule ces incompétents d'ingé son, on connaissait tout par coeur et c'est suffisant pour éjaculer quand Bodom nous envoie sa fière troupe. Perso j'ai pris mon pied comme jamais, et c'est tout ce qui compte.

Par ta soeur
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Jeudi 4 avril 4 04 /04 /Avr 22:16

Ecrire un billet sur un album vieux de 10 ans, ça parait étrange, mais en toute logique si je ne découvre cet album que maintenant, d'autres ne le connaissent pas encore. Du coup, j'ai bien envie de faire les chroniques des trucs qui me passent sous la main, plutôt que suivre une chronologie absolue. Et puis tout le monde s'en branle en plus.

 

 

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J'ai découvert Nevermore plus ou moins par hasard en 2005, avec Enemies of Reality (sorti en 2003). 8 ans plus tard, je pense que ce n'était pas le bon album pour commencer. Trop brutal, trop technique, des solis hallucinants mais un sens mélodique un peu particulier, voire absent par moment. Quand on écoute Dreaming Neon's Black  (1999) c'est pas du tout la même cam, il y a un plus grand travail sur les harmoniques, le placement du chant par rapport aux guitares, les chansons sont moins violentes, plus sombres, maladives par moment. Quant à This Godless Endeavor (2005), on est sur du grand art, un groupe en plein état de grâce. En achetant Dead Heart in a Dead World (2000), qui semble à la croisée de différentes périodes pour le groupe, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, à part la chanson éponyme.

 

 

Quand je compare avec ma discographie, c'est la même période que Midian, Holy Wood, Hybrid Theory, Follow the Reaper, Grand Declaration of War,  Brave New World, White Pony. Bref, une période totalement dingue en terme d'originalité et de créativité (c'est mon opinion, si vous n'êtes pas d'accord je vous encule avec mon parapluie). Et cet album ne déroge pas à la règle.

 

 

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Juste pour faire chier les true métalleux intègres et irréductibles, huhu

 

 

Les chansons sont inspirées: la dualité rythmiques lourdes / refrains mélodiques est très cohérente (pas comme Arch Enemy, voir le billet sur Khaos Legions pour les intéressés). Les structures sont plutôt classiques type couplets/refrains mais il y a toujours des ajouts, des modifications par endroits qui surprennent toujours (dans le bon sens du terme). Rythmiquement ça envoie à mort, c'est impossible de pas bouger frénétiquement son corps devant une telle maîtrise du rythme. Des moments de purs blasts alternés avec des constructions rythmiques moins évidentes. Le batteur fait un excellent boulot et ajoute une touche très groovy par moment, ce côté un peu contre temps, un peu "je fais ce que je veux dans mes mesures et je vous emmerde" qui ne lasse jamais. Le bassiste suit très souvent les guitares (...) mais sur les chansons plus calmes on a le droit à des passages plus originaux.

 

 

Puis quand, enfin, on saisit le plan rythmique, ça passe à autre chose et on est gratifié d'envolées lyriques et de solis vraiment superbes. Jeff a un véritable talent de composition sur cet album (bien plus que sur Enemies of Reality, très technique mais des soli qui laissent parfois perplexes, genre "ok, il est super bon, mais il voulait exprimer quoi?"). Là on a des chansons différentes, une grande variété de rythmes, des passages parfois aériens (notamment de belles parties acoustiques sur The River Dragon has Come ou Insignificant), parfois très sombres, et toujours des soli qui font planer. Des chansons comme The River  Dragon has Come ou Engines of Hate ont été créées pour rappeller à tous ces petits guitaristes (comme moi) qui c'est le papa.

 

 

Bref, musicalement c'est très varié mais extrêmement cohérent. Techniquement j'ai toujours été bluffé par Nevermore, mais sur Dead Heart in a Dead World ils ont cette fibre mélodique qui envoie le tout dans des sphères de jouissance auditive. J'ai cette impression d'être entraîné dans un vent qui change sans cesse de vitesse, d'altitude, d'intensité, mais qui ne s'arrête jamais.

 

 

Le détail qui tue: Nevermore se tape le luxe de reprendre Simon and Garfunkel avec The Sound of Silence, totalement revus à leur sauce: une véritable prouesse! On reconnait l'original mais avec des vêtements confectionnés par des passionés de metal (la voix de Warrel est juste hyper jouissive). Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle se fond totalement dans le décor tant la reprise est réussie! Une des plus grosses surprises de cet album.

 

 

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Manteaux noirs et longs, chemin perdu dans un forêt, immensité de la nature, à peu de chose près on reconnait bien la patte black metal

 

 

Au niveau du chant, Warell Dane place sa voix à merveille: on sent la puissance de l'organe, le guerrier paternaliste, ce qui ne l'empêche pas de passer à des moments plus légers sans aucun complexe.. Les lignes mélodiques sont très entraînantes. C'est pensé, réfléchi, mais étonnamment ça donne quelque chose d'assez spontanné! Quand on entend le refrain de Disintegrate je n'ai qu'une envie: chanter en choeur de toutes mes forces... Son chant est beau, toujours juste,  il envoie quelque chose qui soulève... D'ailleurs il suffit d'écouter le live de The Heart Collector (sur The Year of the Voyager) pour se rendre compte du potentiel scénique du chant de Warell (Le truc un peu embêtant c'est qu'ils se sont séparés il y a 2 ans déjà... enfer et damnation comme dirait ta soeur). Un véritable bonheur de l'entendre chanter. On peut ne pas aimer, mais on ne peut ignorer qu'il a un organe infaillible d'une rare puissance.

 

 

Les textes ont toujours été importants dans Nevermore. Avec un titre comme Dead Heart in a Dead World on s'attend à quelque chose de sombre, de cynique. Les interprétations sont personnelles, mais j'ai trouvé immédiatemment une résonnance des paroles avec des choses que j'ai vécues ou vis chaque jour (à part Inside Four Walls, j'ai pas de pote qui a fait de la prison, en tout cas à ma connaissance...). Il a y souvent des interrogations sur la condition humaine (Insignificant), l'aliénation par les gouvernements/ corporations (Narcosynthesis) mais aussi par soi même (The Heart Collector), des constats sur la colère, la haine, la force destructice de certaines émotion (Engines of Hate).

 

 

Et puis il y a la chanson éponyme, Dead Heart in a Dead World, qui ne parlera qu'à ceux qui se questionnent. C'est l'expression brute d'une remise en question permanente dans un monde qui n'en a plus rien à branler de l'honnetêté ou de l'authenticité. Un combat coûteux, terrible et ingrat contre toute forme d'aliénation mentale, mais que la plupart des gens ne remarqueront pas et mépriseront probablement. Cette chanson est un miroir: la bataille ne sera jamais gagnée et entraîne de grandes souffrances, mais il y a toujours espoir, il ne faut pas abandonner. Je ne peux la chanter sans des larmes de colère et de tristesse... Mais comme dit plus haut, chacun interprète à sa façon...

 

 

Burn your gods and kill the king

Subjugate your suffering

Dead heart in a dead world

 

 

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Un des très beaux "dessins" de l'artwork. Je vous rassure, le bleu n'est pas la seule palette utilisée.

 

 

Pour finir, la production est très bonne, voire parfaite compte tenu de l'époque et du style: on entend tous les détails de chaque instrument, pourtant l'ensemble est d'une grande puissance! Comparé au son faiblard de Dreaming Neon's Black, c'est un véritable pas de géant pour le groupe après une seule année. Cette production très juste permet de rester concentré tout le long de l'album (pas comme d'autres. Oui Rabid's Death Curse au fond de la classe, c'est toi que je regarde infâme bouse de fréquences. T'as de la chance d'être jouissif).

 

 

Un grand point positif aussi: l'artwork (de Travis Smith) est très original, étrange, un peu désincarné, comme une expression "approximative" d'émotions. Lire les textes avec ces images en fond donne une ambiance particulière à chaque chanson.

 

 

Un excellent album de metal, travaillé dans ses moindres détails. Il est devenu en quelques semaines un incontournable pour moi, pour toutes les raisons citées au dessus: varié, technique, puissant, mélodique, des textes matures qui font réfléchir. Typiquement le genre d'oeuvre dont on sort, sinon transformé, au moins un peu différent que quand on y est entré.

Par ta soeur
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Lundi 20 août 1 20 /08 /Août 21:37

Après une journée entière passée sur la route pour rentrer, j'ai absolument pas envie de faire de l'organisation, de l'analyse poussée ou de la verve. Nique sa mère les images, on va faire dans le simple, brut et direct.

 

Le Motocultor a lieu à Theix, ville visiblement sympathique, paumée dans le Morbihan. Là, pendant 3 jours c'est le chaos, et c'est bon. Les groupes s'enchainent, les gens boivent, se tapent dessus en toute amitié, gueulent comme des gogols et ne se lavent pas.

 

La programmation 2012 était alléchante. Pourtant, le vendredi n'annonçait pas une bonne entrée avec l'annulation de Electric Wizard et des 2 premiers groupes (dont Ataraxie, que je voulais voir :(). Mais le festival a carrément tenu ses promesses.

 

Première chose, un son excellent! Un grand bravo aux ingé son car on a eu le privilège d'entendre les guitares, la basse, la batterie, le chant, et les synthés. Peut être une réflexion sur la grosse caisse de la grande scène, trop présente qui masquait la basse, sans ça c'était globalement très propre, et vu le nombre de styles différents, c'est une grosse performance.

 

Autre point sympathique, la facilité d'accès: juste 2 scènes, les groupes s'enchainaient sans accroc, et on a pu assister (en théorie) à tous les concerts. De plus, gros point fort sur la proximité des scènes, du camping et du parking: tout est à portée de main si je puis dire. On a envie de se barrer, on s'assoit au camping pour siroter une bière (avec un son sympa, puisque pas trop loin). En pratique, il faisait tellement chaud que certains groupes sont passés à la trappe. Même si on a eu la chance d'avoir un beau temps pendant 3 jours, se taper le soleil dans le dos avec un corps déjà ruiné (et sale, très sale), c'est pas facile.

 

Un truc très plaisant aussi, la programmation était bien pensée, avec un équilibre entre des styles "bourrins", "classiques", "alternatifs" et "décalés". Pas d'enchaînement de 3 groupes de grind puis 3 groupes de heavy à la papa. Toujours une certaine variété, et notamment un gros effort pour représenter tous les styles de metal. Gros point positif pour ma part avec la venue de KMFDM, que certains pourront critiquer comme n'était pas du metal (ce qui est vrai), mais c'était d'une fraicheur incomparable.

 

Bref, le festival "musical" était très bon, relativement bien géré dans les timings (peu de temps morts) et avec un son vraiment excellent.

 

Par contre, un aspect sur lequel ça pue violemment, c'est l'organisation. Alors certes, on est des métalleux, on est des gros porcs avec un humour potache, on boit des bières dégueulasses juste pour être bourrés, on est des gros crados qui supportent les cafards MAIS niveau bouffe et hygiène c'était franchement à chier. A part les toilettes qui étaient plutôt bien gérées (avec la sciure, idée ingénieuse), c'étai la grosse GROSSE LOSE au niveau de l'eau: pas un seul point sur lequel faire un brin de vaiselle ou juste enlever la boue de nos visages. Il y avait bien des douches, mais franchement, 6 douches pour combien de milliers de participants, megalol quoi, j'suis pas venu pour attendre comme un piquet pendant des heures.

 

Niveau eau c'était pas mal craignos aussi, avec des bénévoles qui ne donnaient parfois même pas une bouteille entière. Bien sûr qu'il faut les féliciter pour leur travail, car je suis persuadé que ce qui est arrivé n'est pas de leur faute mais d'un problème de gestion en amont, mais heu de l'eau c'est indispensable en camping, et ça a manqué. Et surtout, SURTOUT, un énorme problème au niveau du stand de la bouffe. Il manquait clairement la moitié des effectiifs minimum pour assurer le travail. Et j'ai failli oublié le plus drôle: une queue monumentale pour entrer sur le site le vendredi. On a attendu au minimum une heure pour transformer notre billet en pass 3 jours.

 

Je trouve ça très dommage car musicalement le festoch était génialement organisé, mais niveau effectifs/hygiène/bouffe c'était totalement à la ramasse (attendre 45 minutes pour un jambon beurre fait à l'arrache, c'est vraiment abusé...). C'est étrange car les organisateurs savent pertinemment qu'il y aura un GRAND NOMBRE de participants, alors pourquoi si peu de douches? Pourquoi aucun point d'eau? Pourquoi un stand bouffe autant blindé? Peut être devraient ils engager un kebab pour les 3 jours, ou un truc du genre. 

 

J'vais pas faire le gros blasé de merde qui critique tout ce qu'il voit, mais c'était réellement dommage pour un festival de cet ampleur d'avoir une "vie de festoch" si mal pensée en terme de nombre. Mais bon, le côté musique était super cool, et c'est mieux dans ce sens là que l'inverse. Pour un résumé des concerts en particulier je ferais plus tard, là c'est la grosse flemme.

 

Par ta soeur
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Mardi 24 juillet 2 24 /07 /Juil 12:35

J'aime Cradle of Filth. Du moins, j'aime une grande partie de leur carrière. Quand les premières notes de The Twisted Nails of Faith résonnent, je ressens quelquechose d'unique, mélange de peur et d'excitation, qui se libère ensuite dans une pure violence, une explosion de plaisir et d'adoration malsaine. Ceux qui ne connaissent pas peuvent trouver ça pompeux. Mais si vous avez lu un tant soit peu les paroles de Cruelty and the Beast, vous savez à quel point les chansons de Cradle peuvent provoquer des émotions intenses.

 

Malheurement, depuis quelques années le groupe part en couilles. Le dernier album en date Darkly, Darkly Venus Aversa n'était objectivement pas mauvais, mais bien en deça des capacités du groupe: insipide, des compositions "en mode automatique" et une histoire peu intéressante (personnellement, j'ai pas accroché). Lorsque l'on se plonge dans celui d'avant, Godspeed on the Devil's Thunder, il y avait au moins le récit d'une chute, et des chansons qui frisaient le chef d'oeuvre (Darkness Incarnate notamment). Bref, c'est pas la période héroïque en ce moment et j'attends toujours le réveil de mes idoles.

 

Et voici, subitement, un nouvel album: Midnight in the Labyrinth

 

 

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Curieux, mais sceptique, je l'ai acheté.

En fait, ce n'est pas vraiment un nouvel album, mais des chansons de leur période bénie (les 4 premiers albums) réaarangées de façon symphonique.

On a 2 CD, un avec les narrations de Dani et Sarah, l'autre sans. On peut questionner l'utilité de ce 2è CD (pour faire plaisir aux amateurs de classique? je reste dubitatif).

 

Allons directement au but: c'est réussi. On reconnait les chansons transformées en pièces orchestrales. C'est vraiment pas mal, je me suis pris au jeu et on découvre un aspect plus coloré, plus léger de chansons parfois bien violentes (Hosanas in Extremis ou Summer Dying Fast). L'orchestre est plus ou moins complet dans le sens où l'accent est surtout mis sur les cordes et les choeurs, moins sur les cuivres. Pourtant ça sonne toujours bien et on reconnait les chansons transformées.

 

Quelque part, c'est une compilation dans le genre des introductions de leur albums; des pièces symphoniques visant à mettre l'auditeur dans un état différent, le faire rentrer dans cet univers gothique. C'est terrible car j'ai l'impression d'écrire un truc totalement cliché, mais c'est l'émotion que j'ai ressenti en écoutant les 2 disques: une "replongée" dans un univers sombre, cruel, mais avec une peinture plus aérée, plus éthérée. Forcément, sans les implacables doubles croches des guitares, basse et batterie, certaines parties sont bien plus légères que les originales. Mais ça reste écoutable et sympathique.

 

En revanche, je ne trouve aucun argument pour ceux qui ne connaissent pas le groupe. Dans ce cas on est sur des chansons classiques de peu d'intérêt et aux arrangements répétitifs (les "HOU... HA" des choeurs sont un peu gonflants). Il n'y a pas non plus d'explosion ou de montée hystérique caractéristique des véritables pièces classiques. Ca fait plus "ambiance symphonique" que orchestre symphonique.

 

 

http://i240.photobucket.com/albums/ff220/perenoel98/Overblog/DaniFilth5.jpg

Pourquoi Dani, pourquoi?

 

 

Bref, cet album est une parenthèse agréable, mais qui n'augure rien d'exceptionnel. Ces arrangements sont tout à fait intéressants, mais n'égalent pas la puissance ou l'intensité des originales. Je reste dubitatif sur l'intérêt d'une telle sortie alors que le groupe n'est pas au meilleur de sa forme niveau composition. Espérons que c'est une pause qui leur permettra de revenir en pleine forme.

 

Intéressant / Sympathique pour les fans

Sans grand intérêt pour les autres

Par ta soeur
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